"Hourvari" (acte de ruse d’un animal traqué qui consiste à revenir sur ses pas, à « rebrousser chemin » dans le but de brouiller les pistes) est un projet musical réunissant le contrebassiste Nicolas Zentz et le compositeur électroacoustique Armand Lesecq. Ce duo permet aux deux musiciens d’explorer les liens entre leurs différentes racines musicales: la pratique instrumentale dans une culture “jazz” et les musiques improvisées pour le premier, la musique acousmatique, musique « des sons fixés » réalisée en studio, pour le second.

Ensemble dans une même posture d’écoute, ils construisent un dialogue entre l’instrument et l’électronique en portant leur attention sur les gestes et les réponses sonores qu’ils génèrent. Le contrebassiste utilise différents modes de jeu. Son vocabulaire de gestes est étendu: caresses, frottements, grattements, pincements, percussions... Tout l’instrument est exploité pour produire des sons. Cette matière première est ensuite transformée sous l’influence du dispositif électronique. Le second musicien applique aux sons divers traitements: le timbre est déformé, les sons étirés, déplacés, découpés.

Les interactions explorées par les deux musiciens sont nombreuses. Par exemple, en jouant de la contrebasse, l’instrumentiste est parfois déstabilisé par un son nouveau et inconnu qu’il ne s’attendait pas à entendre sortir des enceintes. Il rebondit alors, puis influence à son tour le musicien électronique qui s’adapte, propose et ré-injecte des idées musicales. L’instant se compose dans cet échange improvisé, attentif et exigeant. Dans le flux du temps, le discours apparaît, fait des restes du passé, du présent tout en tension et des idées futures en construction.

La musique invite l’auditeur à plonger dans un univers sonore constitué d’amples espaces, de drones hypnotisants, de rythmes mouvants et d’objets sonores surgissants. L’imagination et les sens sont sollicités entre surprise et contemplation, laissant la place à l’apparition d’images mentales. Des formes, des paysages, des couleurs et des situations se dessinent aux grès du flux musical. Le projet vise à créer une musique des sensations dans laquelle les éléments sont de l’ordre de la texture, du timbre, de l’espace, du son. L’éloignement par rapport aux règles musicales occidentales traditionnelles (tonalités, rythmes, gammes...) convie l’auditeur à se fier à la seule et simple écoute des sons.

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